Il était une fois un homme qui se nommait Pingréon. Il était riche et il ne sortait jamais de sa maison. C’était l’homme le plus riche de la région….

Il astiquait, comptait et recomptait son argent. Quand Pingréon sortait de chez lui et passait devant des mendiants, jamais au grand jamais il ne donnait un peu de ses sous afin que ces malheureux puissent s’acheter de quoi manger.

Pingréon était vêtu de lambeaux, vestiges des seuls habits qu’il avait un jour achetés. Il fouillait à la recherche de quelques restes de repas….

Je vous vois venir, vous allez me demander pourquoi Pingréon s’habillait mal et mangeait de la nourriture que l’on donnait aux cochons alors qu’il était riche. Il faut savoir que Pingréon, en bon avare, ne voulait pas dépenser son argent pour acheter de quoi manger et de quoi s’habiller.

Pourtant, un fermier qu’on appelait Jack ne renonçait jamais à lui demander de l’argent. Jack avait quatre enfants qu’il n’arrivait pas à nourrir. Ses vaches et ses brebis ne donnaient plus de lait depuis déjà longtemps, et ses cochons étaient si squelettiques que si on voulait les manger on ne trouverait que des os…. De plus la saison froide approchait, amenant avec elle la peste et la famine. Non loin du village habitait un homme qui, dans sa masure, pensait qu’il pouvait résoudre les problèmes de ses clients. Cet homme s’appelait Horst. Un jour Jack se décida enfin d’aller le consulter.

Une fois sur place, il lui dit :

« Voyez-vous, ma famille et moi n’arriverons plus à survivre à l’hiver, pouvez-vous nous aider ? »

- Fort bien, as-tu déjà mendié de l’argent à Pingréon ?

- Oui, mais quand je mendie il ne fait rien.

- Alors mène-moi à lui, j’essaierai de résoudre vos problèmes ».

Le lendemain, Jack mena Horst chez Pingréon. Celui-ci ouvrit la porte et laissa Horst entrer qui  pria Jack de se retirer. Celui-ci obéit et rentra chez lui auprès de sa femme et de ses enfants.

Le jour suivant, Horst alla voir le fermier et lui rapporta :

« Voilà ce que j’ai dit à Pingréon : « Si tu ne me donnes pas un peu de ton argent, la plupart des pauvres vont mourir cet hiver alors que si tu leur permets de vivre dans de meilleures conditions ils pourront te rembourser. Dans le cas inverse tu auras leur mort sur la conscience ! » Et il a accepté ! Dorénavant tu pourras mendier et revenir avec un peu d’argent entre les mains », continua Horst.

« Merci, grâce à vous nous allons survivre à l’hiver, et mes vaches auront une meilleure forme. Et au moment où je devrai rembourser Pingréon, je le pourrai et j’aurai encore assez d’argent pour vivre ! » s’exclama Jack, rassuré

Des années plus tard, quand le fermier se présenta à la porte de Pingréon pour le rembourser, ce dernier refusa. Le fermier passa le reste de ses jours heureux……

 

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Déonçwan