Justice-Injustice
Justice-injustice : portraits chinois…
Si j’étais la justice, je serais le Roi Salomon, parce qu’il a ôté à La Justice le bandeau qu’elle a sur les yeux : pour être humaine, La justice a bien assez de sa balance et de son glaive. Elle doit être réfléchie. Si elle est aveugle, elle est animale.
Si j’étais la justice, je serais La Mort, parce qu’elle attribue à tous le même sort final et qu’elle est profondément humaine et indispensable. La conquête de l’immortalité serait la pire chose qui pourrait arriver à l’espèce humaine, car elle serait immédiatement synonyme d’injustice.
Si j’étais l’injustice, je serais un lion parce que le fauve ne réfléchit qu’avec son estomac : s’il a faim, il frappe. La beauté de l’antilope, la force du buffle ou la fantaisie du zèbre, rien ne l’émeut. Il frappe…Le lion, c’est la force brute de la nature, injuste fondamentalement.
Si j’étais l’injustice, je serais sous l’emprise d’une idéologie, parce que l’idée abstraite ou l’utopie que j’appliquerais n’aurait rien ni d’humain ni de réel, mais ne serait qu’abstraction et verbiage : le soldat spartiate, le garde-rouge de Lénine ou de Mao, le SS d’Hitler étaient de cette veine, et combien d’autres aujourd’hui…
Richelieu







