Je n’aime plus les yaourts !
Je l’avais rencontré totalement par hasard. Nos regards s’étaient croisés, l’émotion m’avait coupé le souffle et la parole, et croyez-moi il en faut pour me couper la parole ! Je me demandais jusque là si je finirais par trouver l’homme idéal ! Je suis convaincue aujourd’hui qu’il n’existe pas. Mes amies insistaient pour que je m’inscrive sur un site de rencontres. Non mais n’importe quoi que je leur répondais ! Pourquoi ne pas le chercher sur Amazon ou sur E Bay ! D’ailleurs, je me dis que cela ne saurait tarder. On commandera bientôt un homme ou une femme sur Internet, et on ira le chercher au drive ! Mais dans quel monde vivons-nous ?
Bref, je m’étais dit, celui-là, c’est une aubaine, je vais faire en sorte de le garder. J’ai alors déployé alors toute ma panoplie, l’amour avec un grand A, la compréhension …J’y croyais dur comme fer, mon optimisme était à toute épreuve.
Mais, parce qu’il y a toujours un mais, ses petites manies ont fini par m’agacer. Les hommes ont forcément des manies qui horripilent les femmes ! Lui c’était sa façon de manger son yaourt. Il raclait pendant de longues minutes le pot avec sa cuillère ! Que c’était énervant ! La nuit je rêvais même qu’il me poursuivait en brandissant sa cuillère pour racler le fond de mes entrailles ! Au bout d’un certain temps je ne le supportais plus. Dire que je l’avais trouvé si beau et si attirant ! Mais le raclage du pot de yaourt lui aura été fatal !
Un matin je lui ai demandé de faire ses bagages et de partir. Comme il avait l’air malheureux sur le pas de la porte avec sa valise en carton ! La tête baissée, il semblait complètement abattu. Il me faisait penser à un chien à qui l’on dit « va te coucher » et qui va dans son coin, la … Enfin, vous voyez ce que je veux dire ? C’était pathétique !
Il s’est tourné vers moi une dernière fois les yeux pleins de larmes « Fais preuve de bonté » m’a t-il susurré. Debout devant l’entrée, les bras croisés, je l’ai transpercé de mon regard froid comme l’acier et je lui ai dit « Dégage ! »
Marcal







