Mon envie
Quel beau temps ce matin ! Je pourrais aller faire un footing, manière de bien commencer la journée. Mais d’abord, petit déjeuner. J’allume la radio. Passées les publicités des croquettes pour chien, des pilules miracles pour perdre quelques kilos avant l’été, du dernier tube que l’on entend dix fois par jour, arrive enfin le journal de huit heures. La première information stoppe ma tartine à l’entrée de ma bouche : une femme s’est faite agressée pendant qu’elle faisait son jogging ! Flûte ! Même si dans mon village il n’y a pas de violeur connu, mon envie d’aller fouler le bitume me passe. Mes mollets pourtant tremblaient d’impatience. Je souris malgré moi en pensant que si un homme surgissait d’un fourré avec certaines intentions, il partirait en courant en voyant ma tête ! Il me resterait quand même une belle frayeur.
Ma tartine à peine avalée, voilà que le journaliste annonce qu’une voiture roule à contresens sur l’autoroute ! Décidément, cette journée qui s’annonçait ensoleillée ne l’est pas tant que ça.
Que me reste-t-il alors comme envie ? Entre les trains qui déraillent ou se télescopent, les avions qui s’écrasent, les terroristes qui se font exploser au milieu de la foule, nous sommes à l’abri nulle part. A moins que l‘on reste chez soi ? Mais chez soi sommes-nous en totale sécurité ?
Alors quoi ?
Si, tout de même, il me reste une très grosse envie. L’envie de vivre en paix.







