Brasucade
C’est mon nom.
Un soir d’été, dans un pré de Camargue, au coucher du soleil, un grand feu de ceps de vigne fut allumé et je naquis de ce brasier.
Quelques kilos de moules sur une plaque posée sur la braise s’ouvrent une à une.
C’est à ce moment précis que nous les parfumons d’une préparation dont chaque villageois à sa recette.
Ce soir, nous utilisons une demi-bouteille d’huile d’olive de la vallée des Baux toute proche, du thym et du romarin de la garrigue, quelques feuilles de grand laurier adossé à l’église, une gousse d’ail écrasée et une belle cuillère à café de pastis.
Le boulanger, comme chaque fois, nous prête sa pelle pour bouléguer moules et marinade.
Lorsqu’elles sont toutes ouvertes et s’offrent à vous, dégustez-les avec régal d’une main, avec dans l’autre la coupo santo de rosée frais.
Puis, lorsque la nuit s’avance tout doucement dans les rires de joie du partage de ce repas, lorsque les chants des gardians s’élèvent, prenez ma main et faites-moi danser jusqu’au petit matin.
Texte et photographie : LN








