Raffaello Sanzio dit Raphaël (1483-1520), Italie

Allégorie féminine de la Justice, 1508-1511 sur la voûte de la chambre de la Signature au Vatican

 

Vous qui me regardez, vous vous dites « voilà un personnage qui se sent bien dans son cadre, assis sur un nuage, entouré d’angelots et s’amusant avec un sabre ! »  Et bien détrompez-vous. Je n’ai pas une existence facile, loin de là ! Je suis confronté à d’énormes problèmes, et pourtant je suis bien entouré, d’hommes et de femmes qui m’aident au quotidien. Mais sachez qu’ il m’est souvent difficile de prendre la bonne décision. Mon livre de chevet est censé m’aider également, mais les lois, les décrets, les articles se bousculent, s’entrecroisent. Je le lis depuis des siècles, et les pages à force d’être tournées se sont déchirées.

 

Je suis constamment en train de peser le pour et le contre. Même si l’erreur est humaine, moi je n’ai pas le droit de me tromper. Ne vous fiez pas à ma mine sereine, ma couronne sur la tête me pèse de plus en plus. Je me trompe quelquefois. Quel déchaînement de violence à mon égard, on m’insulte, on me crache à la figue, on me met plus bas que terre. Des émeutes s’organisent, les gens crient au scandale, qu’il est inadmissible d’agir ainsi  dans la patrie des droits de l’homme ! Mais qu’ils prennent ma place, ils verront bien !

 

Et quand la presse s’en mêle, c’est la catastrophe. On exhibe mon portrait en première page des journaux avec les commentaires qui vont avec, on me traîne dans la boue, on me lapide, on me tue.

 

Ne vous fiez pas au semblant de soleil qui se trouve  derrière moi, il ne brille pas tant que çela ! Vous voyez, finalement les  apparences sont parfois trompeuses.

 

Je voudrais que ces anges qui me tiennent compagnie m’emportent très loin, dans le ciel ou plus loin, mais je me dois de rester ici. Mon nom ? Justice.

 

Marcal_Marie Carmen

Marcal