La belle nuit de noël

Laissez-moi vous conter l’histoire d’un jeune homme qui répondait au nom de Pingréon. Il était petit et chétif et avait de longs cheveux blonds bouclés qui lui donnaient un air très gentil. Mais Pingréon n’aimait personne d’autre que lui et ne se souciait pas de tout ce qui l’entourait. Ce qui lui importait surtout c’était de passer des journées entières, seul dans sa demeure ornée d’or et de pierres précieuses, à compter sa richesse sans jamais se lasser.

Sa porte était toujours fermée, et toute personne qui oserait le déranger pourrait vivre la plus terrible mésaventure jamais connue, tant Pingréon était hargneux.

Mais un jour, alors que Pingréon recomptait pour la cinquième fois sa richesse, il entendit un petit bruit de grelot derrière sa porte. Intrigué, il l’ouvrit et vit sur le perron un petit bonhomme tout de vert vêtu qui portait un grand bonnet lui cachant une partie du visage. Ce dernier lui dit d’un air suppliant :

 

-Pingréon, tu dois m’aider. Il faut absolument que je retourne auprès du Père Noël pour l’aider à préparer sa hotte. Le vieil homme n’a plus assez d’argent pour satisfaire toutes les commandes des enfants, et j’ai entendu dire que…. !

 

-Mais tu n’y penses pas ! l’interrompit Pingréon. Je suis bien trop affairé à compter ma richesse. Cela m’est égal que les enfants ne puissent pas avoir de cadeaux à Noël. Pars d’ici avant qu’il ne t’arrive un malheur, dit-il d’un ton menaçant.

 

Sans bouger, le petit bonhomme qui avait le pouvoir de rendre les gens généreux ajouta :

-te souviens-tu Pingréon du petit train jaune et bleu que tu as reçu pour le Noël de tes 6 ans ? Tes yeux se sont illuminés lorsque tu as ouvert le paquet ! Toute la magie de Noël avait fait de toi un enfant heureux. Ne voudrais-tu pas que d’autres enfants vivent un tel instant ?

 

Brusquement Pingréon lui arracha son bonnet pour découvrir qui venait l’importuner et vit un petit lutin avec de grands yeux ronds, d’un bleu si limpide qu’il pouvait y voir tous les souvenirs qui étaient enfouis dans ses pensées. Mais que lui arrivait-il ?

Il revoyait alors ce petit train jaune et bleu. Sans dire un mot, il se leva et ouvrit un grand coffre en bois d’ébène duquel il sortit le petit train dont les couleurs avaient terni.  Alors qu’avec tout son argent il aurait pu s’offrir tous les petits trains du monde, Pingréon avait conservé son petit train. Celui que ses parents pauvres lui avaient offert pour Noël et pour lequel ils avaient économisé durant toute une année en se privant eux-mêmes. Ce beau souvenir, pourtant malheureux, entraîna Pingréon à prendre conscience, bien malgré lui, que rien n’était plus beau que le regard d’un enfant qui vient de recevoir le cadeau espéré.

 

-Ecoute, dit Pingréon au petit lutin vert, je vais vous aider, toi et le père Noël. Rapporte-moi la liste de toutes les commandes des enfants, et je vais trouver une solution pour les satisfaire.

A cet instant précis Pingréon se demanda comment il allait faire car il n’était pas prêt à utiliser sa richesse pour exaucer les caprices d’enfants. Mais comment renoncer maintenant qu’il s’était engagé auprès du petit lutin, lui qui avait tant souffert de ne pas avoir reçu de cadeaux chaque année.

Soudain, une idée lui traversa l’esprit ! Il suffisait de faire un vœu très fort, et d’y croire pour que celui-ci se réalise.

 

Et le soir de Noël, tous les enfants du monde entier trouvèrent devant leurs sapins, les cadeaux tant attendus.

 

L’histoire ne dit pas si Pingréon a partagé sa richesse avec le père Noël, mais un petit lutin vert m’a confié que…

Mais chut, un vœu ne se dévoile pas !

 

Avatar Bernie

 

Bernie