Chayanéa by Mariko

Cléo, une petite fille très curieuse, demanda un jour à son grand-père Idéo, un homme très cultivé de par sa longue expérience d’universitaire et de savant, pourquoi les indiens portaient une plume sur la tête. Ce dernier lui répondit que l’explication de ce phénomène était très ancienne et lui narra sa légende :
- Il y a des centaines d’années, dans une tribu cheyenne des Grandes Plaines d’Amérique, vivaient deux petits indiens nommés Mi-Ka et Ta-Buk. Frères de cœur mais pas de sang, ils avaient grandi ensemble depuis leur naissance et partageaient tous les événements de leurs vies, les bons moments comme les mauvais. Ainsi, ils avaient  surmonté ensemble le décès de la mère de Mi-Ka et se réjouissaient devant les richesses de la nature avec un émerveillement toujours aussi enfantin malgré leurs 20 ans qui approchaient. Alors qu’ils s’attelaient à ramasser du  bois pour préparer le grand feu annuel de la fête célébrant la déesse Chayanéa, déesse qui leur offrait santé et joie tout au long de l’année, ils entendirent un son mélodieux sortir d’entre les nuages. Ils levèrent les yeux pour chercher quelque chose ou quelqu’un à quoi ou à qui rattacher cette mélopée. Ils ne virent rien mais le bruit se fit plus vif et, des cieux, descendit la déesse magnifique Chayanéa. A chaque décennie, elle descendait sur terre pour se choisir un amant afin de renouveler ses énergies et poursuivre son rôle de bienfaitrice. Mi-ka et Ta-Buk se frottèrent les yeux pour vérifier qu’ils ne rêvaient pas et restèrent figés devant cette  créature divine. Elle s’approcha d’eux et leur expliqua qu’elle devait posséder l’un d’entre eux et que l’élu serait reconnu par les siens grâce à la plume qui lui pousserait derrière la tête. Surpris par cette révélation, ils se retournèrent et se rendirent compte que bon nombre d’hommes de la tribu étaient habillés du plumage divin et que la protectrice était bien gourmande.
- Bien gourmande ? répéta Cléo, interrogative.
- Cela mériterait une autre explication, ajouta son grand-père en souriant, mais seulement quand tu seras plus grande ma chérie.

Texte : Léccie / Illustration : Mariko Shinobu

Léccie - Cécile